17/01/2016
La Gascogne

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Gers
Carte du Gers

HISTOIRE DES BASTIDES, les chartes


Bastides

Carte des bastides
Le mouvement des bastides
1222-1373

Les principales bastides
Les sauvetés

Au début du Moyen-âge, le terroir du midi est loin d'être occupé en dehors de quelques grandes villes comme Toulouse ou Bordeaux. Des villages épars s'y étaient formés au cours de l'antiquité romaine mais la grande majorité de la Gascogne était vide de construction et de cultures. Beaucoup de terres étaient en friche. Puis jusque vers le Xe siècle, l'église évangélisa les campagnes, créant des lieux de culte. Des paroisses commencèrent à naître, nouvelles communautés de croyants qui furent souvent couronnés de succès. De nombreuses villes et villages se formèrent. Puis le mouvement communal amorcé pris de la vigueur et se développa dès le XIe sous la forme de sauvetés regroupant les habitations autour des édifices religieux. Les grandes abbayes, St Sernin, Conques, Moissac en furent les plus ardents promoteurs. Nogaro est un sauveté
Les castelnaux
A la même époque, la noblesse érigea des châteaux en général sur des positions dominantes. De petites agglomérations appelées castelnaux naquirent aux abords des fortifications. Les nouveaux habitants vinrent y chercher la sécurité. Parmi les castelnaux, Castelnau-Barbarens ou Castelnau Magnoac dans les hautes Pyrénées. Le pouvoir seigneurial commence à concurrencer l'autorité religieuse.
Montauban, l'origine
En 1144, la création de Montauban par le comte de Toulouse Alphonse de Jourdain fait figure d'évènement car l'emplacement est douteux, mais ce qui est novateur, c'est que la ville se construit conformément à un plan très organisé, le mouvement des bastides est né.

Les bastides
Après Montauban, ce mouvement d'urbanisation va se ralentir, l'hérésie cathare se développe et s'implante. La lutte contre les Albigeois donnera un coup d'arrêt jusqu'en 1222. Le calme revenu, une nouvelle série de villages va sortir de terre, l'ère des bastides commence vraiment.
Généralités
Le terme de bastide provient de "bastida", "bastida seu villa nova", bastide ou village neuf, bastide en France, "poblaciones et villanovas en Espagne, "borghi nuovi" en Italie "Grûndunstâdte" en Allemagne, aucun pays ne reste à l'écart de ce mouvement à la même époque. De nombreuses villes vont surgir de terre dans le bassin parisien, l'Aquitaine, le Languedoc.
Un développement important
Après la première Bastide à Cordes dans le Tarn en 1222, le mouvement se développe et atteint son apogée en 1290, s'essouffle vers 1320 et s'épuisera vers le début de la guerre de cent ans en 1337 (La Bastide d'Anjou 1373). L'arrêt du phénomène fut autant la cause de jalousies que de manque de peuplement . En 130 ans près de 200 bastides sont ainsi nées dans le Sud-Ouest de la France, portant en germe une bonne partie de l'habitat rural actuel.
Plusieurs fondateurs
C'est sous le règne des capétiens : Louis IX (St-Louis), Philippe le Hardi et enfin Philippe Le Bel que l'implantation des bastides va prendre son ampleur. Louis IX après avoir créé Aigues-Mortes s'aida de son frère Alphonse de Poitiers, Philippe le Hardi s'allia à Eustache de Beaumarchais sénéchal de Toulouse. Les comtes de Foix, d'Astarac, d'Armagnac, des évêques, des abbayes qui possédaient d'immenses domaines, les templiers, les hospitaliers participent à ce développement.

Des villages surgit de nulle part
Pour beaucoup de Bastides, il s'agit de villages neufs, créés "à nuovo", surgissant dans des zones boisées, marécageuses ou incultes, Revel en Hte Garonne sur la forêt, pour d'autres, elles s'appuient sur des éléments existants : Najac en Aveyron ou Valence-d'Agen dans le Tarn et Garonne. La plupart du temps, le sol n'appartient pas au créateur qui fixe avec le propriétaire une charte de "paréage", "parragium" qui répartit les revenus entre le propriétaire des terrains et le fondateur.
Les chartes de "paréage"
Les chartes vont définir les grandes lignes de la vie des habitants, il y a la charte de coutumes par exemple.
Les plans
Les bastides respectent une grille orthogonale, facilitant les voiries et une attribution aisée de lots égaux à bâtir et à cultiver, utilisée par les grecs et les romains. Il y a entre toutes les bastides des similitudes : elles ont un axe unique ou deux axes perpendiculaires, elles sont de forme carrée, triangulaire, rectangulaire, circulaire.
La division du terroir
Une surface pour la maison, une autre pour le jardin, parfois une pour la vigne , le colon recevait un lot dans l'enceinte et un autre à cultiver à l'extérieur.
La construction
Les paysans qui s'installaient étaient souvent de condition serve et sans argent. Ils construisait eux-mêmes leurs maisons avec les matériaux trouvés sur place, assemblant de façon rudimentaire des poutres en bois dont ils comblaient les vides de torchis (colombage). Les maisons étaient séparées par les jardins pour éviter la propagation des incendies. La place du village, généralement au centre, inspirée de l'agora" grecque ou du "forum" romain était le lieu du marché. On trouve parfois deux places, une autre pour l'église.
La Halle et les Embans
Une halle était souvent dressée au centre de la place ou sur les cotés, en bois et comprenait parfois un étage réservé à la maison communale. Il arrivait aussi que la place soit ceinturée de galeries couvertes, les embans, parfois de simples avancées des maisons des artisans qui effectuaient leurs travaux à la vue de tous.

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